Mensuel Accrochages, 2012

Article publié dans le n°141 du mensuel suisse "Accrochages", octobre 2012

Peintre autodidacte, chassant tout académisme pollueur d’imaginaire et de créativité, Séverine Métraz ne cesse de montrer son intérêt pour l’architecture et l’Homme. Issue d’une famille d’ouvriers et née dans une petite ville de montagne, elle se questionne depuis toujours sur la vie des hommes peuplant les immeubles des grandes villes. C’est alors comme une obsession qu’elle peindra la vie de chacun de nous derrière les fenêtres d’immeubles, vaquant à leurs tâches quotidiennes, drôles, insolites ou violentes. Ce fourmillement humain contre la rigidité de l’architecture, cette fragilité cellulaire derrière la dureté du béton et du verre, la fascinent au point de transformer LA VILLE en un chaos général ou chacun se mêlent au rythme d’une musique imaginaire.
Séverine Métraz conçoit une peinture originale, où cohabitent les éléments figuratifs, symboliques et abstraits. Le cercle, remplit et colorié de couleurs vives (souvent jaune) est omniprésent et rythme le temps dans la ville, il représente un réverbère qui s’allume à la tombée de la nuit, rendant vivante la toile au grée de la lumière ambiante. Admiratrice des travaux des architectes Gaudi et Hunderwasser, Séverine Métraz abuse des couleurs vives et de formes généreuses frôlant ainsi l’art brut, naïf ou les dessins d’enfants.
Pourtant athée, les églises, temples ou cathédrales de Séverine Métraz sont souvent mis en avant. Certes, une attirance pour leur architecture est grande mais n’y a-t-il pas derrière cela une fascination (ou un dégoût) pour ce qui a toujours rassemblé ou divisé les peuples ? La Religion.
 

© Séverine Métraz   |   Photos : Gilles Perruchoud   |   Réalisation du site : Juliette Picandet